Octobre 2007 : Le "Racisme" normalisé comme conséquence d'une logique institutionnelle

Du 2 au 6 octobre 2007 :

Ca fait 3 mois que je m'efforce d'être quelqu'un de disponible auprès d'une dizaine de personnes dont l'âge et/ou l'handicap physique les empêchent d'effectuer certaines tâches quotidiennes.

Désormais, j'ai des personnes "attitrées"..., c'est à dire des personnes avec lesquelles peut se mettre en place et à profit une affiliation réciproque.

En psychanalyse, nous parlerions de "Transfert" et de "Contre-transfert"... mais bon, je préfère parler d'amour.

Je n'ai aucune ambition thérapeutique, au sens "psy" du terme. J'ai pour simple perspective de soulager une tension autant pour la personne que pour moi, puisque celle-ci trouve toujours quelque chose en retour pour me soulager... . C'est de l'entraide, rien de plus.

Ah oui ! Anecdote de la fameuse "Association" à but lucratif proposant des aides à domiciles (cf : mois de Septembre) : Les aides à domiciles sont payées à la minute, et notent tous leurs actes au détail prêt (à ouvert vitre, à ouvert volet, à déplacer chaise...)... .

Bon, allez, une autre anecdote mais là, non pas dans le privé, mais dans le public.... quand l'aide à domicile fait son job pour avoir un salaire au bout :

"Un aide à domicile, envoyée pour une aide au repas auprès d'une personne Alzheimer ne pouvant se déplacer seule, restant toute la journée attablée devant des magazines dont elle ne retient pas le contenu, et n'entendant pas la sonnette d'entrée, va faire un acte professionnel, certes, mais pas humain.

Il est professionnel d'attendre à ce que la personne agée réponde. Nous possédons des feuilles où nous indiquons notre passage afin que nous soyons tout de même rémunérés s'il n'y a pas de réponses au signalement de notre présence.
Cependant, nous sommes avec des personnes âgées, et dans le cas de l'aide au repas, l'handicap est suffisamment grand pour que nous ne nous suffissions pas d'une simple absence de réponse. De plus, si la porte est ouverte, alors il faut rentrer, car ça signifie que la personne est là.

Ici, la porte n'était pas fermée à clé. Eh bien l'aide à domicile, après avoir sonné et entendu aucune réponse, est tout bonnement partie en laissant sa feuille de passage, et la personne âgée sans repas.

Du 9 au 13 octobre 2007 :

Bonjour lecteurs.

Nous pourrions intituler cette semaine : "Attention, tu es manipulé...". Je ne compte pas les fois, cette semaine, où des aides à domicile ou des responsables m'ont conseillé de me méfier de tel ou tel bénéficiaire car celui-ci serait manipulateur.

J'avais déjà été témoin de ce phénomène compulsivo-invocant dans les services psychiatriques où infirmiers et psychiatres m'affirmaient sans cesse cela à l'égard des patients hospitalisés.

Ah oui! Euh à tous les coups, je dis bien à tous les coups, ce discours ne reflétait rien de lucide, mais plutôt quelque chose de l'ordre du sentiment de persécution, voire de l'ordre de la projection. En effet, en matière de manipulation et d'abus de confiance, ces experts en savoir-être auprès du souffrant n'ont rien à envier.

Bon ! Faisons une mise au point ! Les soi-disant "professionnels" sont en principe en position de force par rapport à l'aidé. Ils se doivent de garder la distance avec leurs bénéficiaires. Or, là, ce serait eux-mêmes qui seraient victimes de manipulation.
Mais comment peut-on être manipulé par quelqu'un dont on a de toutes façons l'ascendant ? Cela est incohérent..., à moins d'avoir des sentiments pour l'aidé ("contre-transfert" en psychanalyse)... !

La solution : Garder la distance, ne pas trop se lier.
Dès que nous avons des sentiments pour quelqu'un, nous sommes sujet et objet de la manipulation. Ceux qui croyent en être uniquement l'objet sont des naïfs ou des gens de mauvaises fois aimant tirer profit d'être en position de victime.

C'est humain de manipuler. A partir de là, éviter la manipulation, ce serait faire le choix de se déshumaniser...., et se déshumaniser, de toute façon, c'est impossible.

Le seul choix, c'est d'assumer les enjeux sentimentaux et de s'en soucier afin de ne pas être abuseur. Pour ce qui est du risque d'être abusé, il y a que l'après-coup. Il ne faut de toute façon pas s'empêcher de vivre!!

Je rappelle que la première demande des aidés, c'est une demande d'amour.

Du 16 au 20 octobre 2007 :

Bonjour chers lecteurs.

Poursuivons l'énumération "macabre" des évènements de vie qui parsèment mon espace quotidien au cours de mon emploi d'aide à domicile.

Cette semaine-là, il y eut un moment où nous fûmes, aides à domicile, réunis pour une dite "formation, hygiène et sécurité". Ceci fera l'objet d'un autre article, car c'est assez dense en matière de misère des discours et des valeurs. (lien)

Donc, là, je vais vous parler d'un fait, qui peut être présenté comme une manifestation de l'inconscient (acte manqué ici), révélatrice de la structure fondamentalement "raciste" d'un fonctionnement strictement "Institutionnel".

Arrivant dans une résidence pour personnes âgées à laquelle j'ai l'habitude de voir quelques personnes à qui je rend visite, je constatais un affichage signifiant une mise en garde. En voici le contenu : "Faites attention à bien fermer les portes antipaniques derrière vous, car des gitans se sont introduits dans la résidence dernièrement".

J'ai tout de suite souri jaune, me disant : "Mais en quoi était-il important que soit mentionnée l'origine ethnique des individus qui s'étaient introduits dans la résidence ?". "La mise en garde n'aurait pas été affichée si les individus n'avaient pas été des gitans ?".

Donc, vous me connaissez. Il y avait là, matière à fouiller plus profondément afin de savoir ce qui avait motivé cette affichage au contenu manifestement discriminatoire.
J'ai questionné une des résidentes qui m'a raconté qu'une dame, il y a quelques jours, s'était faite cambriolée. La seule chose que l'on sait, c'est que les individus venaient de dehors..., profitant d'une porte à incendit restée ouverte.
Rien ne signaler le fait que ces personnes aient été issues de la communauté des gens du voyages.

Alors j'ai demandé à cette personne si elle savait quelle était la personne qui avait écrit cette mise en garde ?
Il se trouve que c'est une nouvelle, celle qui remplace la "psy" qui est en congé de maternité. Cette nouvelle est "psy", bien évidemment.

Rien à ajouter... !

Autre fait, non plus classique que le précédent. Un de mes supérieurs, qualifiant fréquemment certains de mes bénéficiaires de manipulateur, m'avait affirmait qu'un de ceux-ci mentait sur ses revenus car, avec le si faible revenu mis en avant, elle ne pouvait pas payer ses impôts fonciers et locaux... ! Par conséquent, cette personne mentait.
N'en restant pas sur cette parole. J'ai parlé de cela, de ses impôts, à cette soi-disante manipulatrice. Elle m'a dit qu'elle en était exonérée. Après 70 ans, c'est le cas, selon notre revenu perçu. Cette personne, donc, ne mentirait pas quand elle dit qu'elle ne perçoit que 330 euros de retraite par mois et rien d'autre !!!!!
J'ai cherché à en savoir plus sur internet et effectivement... .

La personne qui m'avait raconté un gros bobard, ce n'était pas la soi-disante la manipulatrice, mais ma supérieure qui perçoit certains bénéficiaires comme des manipulateurs. Amusant...., n'est-ce pas ?

Quand on est derrière son bureau, on se sent parfois tellement intouchable par le petit exécutant, que l'on peut déblatérer pleins de choses en étant certain de la véracité du blabla.

J'en ai déjà parlé de cette personne depuis le début. Elle fait partie des personnes au top en matière d'éthique. Vous n'avez pas fini d'en entendre parler. Appelons là, Madame F.

A plus.

Du 23 au 27 octobre 2007 :

La semaine s'était assez bien passée, m'étant décidé de ne passer qu'une fois par semaine dans les bureaux du CCAS, je n'avais pas eu à supporter leurs visages hypocrites. Et puis..., la merde, une occase pour la mairie de me choper, et ils ne se sont pas privés, je peux même dire qu'ils me l'ont mis profond et à sec !!!!!!!

Une de mes bénéficiaires n'avaient pas été entièrement satisfaite de ce que j'avais fait concernant certains actes. Elle en avait prévenu la mairie sûrement pour une concertation. J'ai eu une conversation avec elle à ce sujet, n'ayant rien entendu du côté de la mairie. Le malentendu fut réglé, il n'était pas envisagé qu'elle prenne un autre aide à domicile.

Puis une personne du CCAS sonna. Je vous ai parlé de Madame F, et bien voici la pire : Madame A. Celle-là a pour but de faire le nettoyage d'aide à domicile, le sale boulot. Elle est tout bonnement venue, le sourire aux lèvres, sachant pourtant que c'était pour annoncer la fin d'une collaboration entre un bénéficiaire et son aide à domicile.
Le plaisir s'est lu sur son visage, et ce malgré la réaction de la bénéficiaire disant qu'il n'y avait pas de soucis car nous nous étions expliqués.
Madame A prononce la sentence : "La semaine prochaine vous aurez un autre aide à domicile".
En un jour, l'histoire fut réglée par la mairie, alors que pour certains bénéficiaires qui souhaitent réellement changer d'aide à domicile, des mois passent sans que cela change.

Ah oui, la bénéficiaire est targuée de manipulatrice par la majorité des personnes du bureau du CCAS, et moi, j'avais eu la franchise de dire ce que j'en pensais. Est-ce-que ceci explique cela ?

Ah oui. Autre chose, quand le racisme devient moyen d'orientation du comportement! Vous vous souvenez de l'affichage à connotation raciste de la semaine dernière. qui était effectivement écrit par la "psy" remplaçante. Elle a reconnu la connotation discriminatoire, mais dit que c'est la direction qui lui a sommé d'écrire "gitan" car, ainsi, la mise en garde aurait plus d'effet sur les personnes âgées.

Nous sommes là en plein racisme typique dans les pays néolibéraux. Le racisme n'est pas grave s'il va dans le sens de la normalisation des comportements, voire il est même conseillé. Une "psy" peut l'écrire, sans refuser de le faire, pour des raisons pécunières (garder son emploi).

Constats :
  • Une personne, qualifiable au quotidien comme non-raciste, sous le statut de directrice d'institution, va estimer, pour la sécurité de l'institution, qu'il faut pouvoir faire usage, opportunément, d'une idéologie raciste, idéologie dont il est totalement présupposé, et donc diffamant, envers la population âgée.
  • Une psychologue, qui, sous la pression du devoir d'obéissance envers la hiérarchie, accepte d'écrire une directive directement discriminatoire et indirectement diffamante, et ce malgré ses convictions personnelles.
  • Une mairie impliquée puisque la psychologue travaille pour le C.C.A.S.
  • Tout le personnel qualifiable de complicité car personne n'a réagi.

Du 30 novembre au 3 octobre 2007 :

Bonjour chers lecteurs et chères lectrices.

Première nouvelle, une bonne, l'affichage (voir les 2 semaines précédentes) discriminatoire à visée sécuritaire a été ôté.
Est-ce que c'est parce que Lundi je l'ai signalé au C.C.A.S ? Ce jour-là, on m'avait dit (pas Mme F, ni Mme A) qu'on s'en occuperait.
Peut être.... .

Bon, constat sur ma situation actuelle :
  • J'ai trop d'heure et trop de gens auprès de qui être, rendant impossible une réelle aide au cas par cas, devant me résoudre à une aide standardisée très rarement adaptée. La communication auprès de nos supérieurs est très insuffisante.
  • Pour autant d'heure, mes revenus sont insuffisants, ne me permettant qu'une petite vie de célibataire qui se précarise socialement parlant, ne côtoyant plus que mes bénéficiaires... .
  • Je suis en CDD renouvelable dans le sens où je remplace quelqu'un qui est en arrêt et dont la durée de l'arrêt est inconnue.
    En réalité, certaines personnes sont en arrêt maladie, mais aimeraient même arrêter pour de bon leur boulot. Seulement, si elles démissionnent, elles ne reçoivent pas leurs indemnités de chômage. La Mairie ne veut pas les licencier car ça leur coûterait aussi en indemnités de licenciement. Mais même avec un licenciement à la miable, la mairie ne veut pas... car il y a un autre bénéfice.
    Ce bénéfice est de pouvoir faire des contrats à durée déterminée renouvelable, car là, l'employé est précarisé, ne pouvant émettre des critiques car sachant qu'à la fin de chaque contrat (3 mois), celui-ci peut ne pas être renouvelé sans justificatif. L'employeur peut être plus exigeant sans risque d'avoir des réactions de refus, car si refus, l'envie de ne pas renouveler le contrat se fera plus forte.
Je suis donc en insécurité de l'emploi, et de plus en plus en insécurité sociale malgré un revenu de quasi 1000 euros par mois.

C'est la loose !


Article ajouté le 2009-06-17 , consulté 9 fois

Commentaires



Poster un commentaire





http://





Merci de recopier le nombre présent à gauche dans la case de texte ci-dessous ( Pourquoi ? )





Liens

Voir les articles de la catégorie " Il était une fois le métier d'aide à domicile... "


Retour aux articles