La formation : Hygiène et sécurité

Partie 1 :

Bonjour je vais vous conter ce qui a été proposé aux aides à domicile cette semaine pour une heure et demi environ, quelque chose que je ne connaissais pas, n'ayant pas réellement bosser dans une administration publique : Une formation.


A quoi ça sert ? A priori, à former ceux qui y assistent en tant que futurs formés. Là, par exemple, nous étions formés à l'hygiène et à la sécurité comme nous l'indiquait l'intitulé sur notre feuille de convocation. Notre présence y était obligatoire.

Etaient donc présents : un formateur, et nous, les aides à domicile, prêts à apprendre des choses nouvelles.

J'avais fait le bon élève, j'avais amené un crayon et des feuilles pour prendre des notes.

Eh be rien, rien que des questions je dus écrire sur ma feuille, questions surgissant de mon état de perplexité au bout d'un quart d'heure... , perplexité sur mon visage expliquée par un constat : "Mais, ce, pourquoi nous avons été convoqué, ne ressemble absolument pas à une formation"... . Après coup, je peux dire en fait que ça ressemblait à une formation, dans le sens où il y avait formateur et formé, sauf que les rôles initialement et naïvement prévus étaient inversés. Le formateur était le formé, et nous, les formés, étions les formateurs.


Je ne plaisante pas. Le soi-disant "formateur" profitait de l'occasion de nous montrer des films montrant des aides à domicile dans leur exercice pour enfin en terminer avec son ignorance originelle au sujet de ce métier, nous posant pleins de questions sur nos ressentis, nos priorités pendant l'exercice et patati et patata.


Mais pourquoi avoir appelé cela formation hygiène et sécurité ? En rien nous avons été formé, sans compter que les sujets d'hygiène et sécurité n'ont absolument pas été traités.

C'était la première fois que je faisais cela. Je suis resté un peu paumé au bout du compte, luttant à chercher une cohérence entre ce qui se passait et ce qui était prévu... .

En conclusion, j'ai eu l'impression d'être finalement face à une sorte de groupe de parole qui ne s'assumait pas. Des souffrants, des nouveaux visiblement peu socialisés, prenant rapidement la parole remplie de demande d'amour, et, au bout de tant de blabla dépressifs qui ne trouvèrent pas l'amour tant demandé, la réponse des paranoïaques, les anciens également peu socialisés, aux certitudes, aux carapaces antidépressives aussi rigides que l'intensité de leur malêtre intérieur.

Parmi les anciens vous avez celles qui exercent le harcèlement psychologique afin qu'une dame alzheimer mange plus rapidement, harcèlement qu'ils appellent "stimulation" !!!


Nous aurons une seconde séance. Là, je peux vous dire que je ne vais plus jouer à la mascarade du pseudo groupe de parole.


Donc à suivre !!!

Partie 2 :

Je décris la scène :

     - Deux savants en savoir-être... , eh oui, voilà le véritable objet de la formation en Hygiène et Sécurité. On n'est pas dans l'hygiène du genre savoir quand mettre des gants, savoir quoi utiliser comme produits, ni dans la sécurité du genre toxicité des produits ou comment lever une personne âgée..., c'est à dire savoir-faire. On est dans L'Hygiénisme du genre comment faire pour évacuer nos affects en en parlant à un expert en savoir-être (hygiène psychique) et le Sécuritarisme du genre comment prévenir tout risque d'intrusion des affects (sécurité psychique).

     - Les soi-disant niais en matière de savoir-être : les aides à domicile en suractivité pour 95%, en arrêt maladie pour un nombre record d'entre eux.

    De la part des savants, des truismes sans noms, de la part des aides à domiciles de l'appel à l'aide pour être aimé chez les mous (les hystéro-dépressifs), des truismes chez les durs (les obsessionnello-maniaques). et une remarque lucide, mais pas entendu de ma part.

    A la question piège du savant afin d'entendre la réponse qu'il attend afin de vendre du "psy", j'ai répondu lucidement..., mais ma réponse a fait rire jaune... puis on a passé à autre chose, à la réponse qu'il souhaitait.
    Sa question : "Qu'est-ce qui faut faire pour améliorer vos conditions de travail ?"
    Sa réponse attendue au bout d'une heure de blabla et de vidéo sur la nécessité évidente de ne pas être seul, mais surtout sur une nécessité pour moi loin d'être évidente, celle de consulter un expert..., future nouvelle recrue du C.C.A.S. pour nous afin de soi-disant démontrer qu'ils s'inquiètent de nous.

    Ma réponse : "Pour que nos conditions soient réellement viables, vu tout ce qu'il y a à changer, il faudrait une révolution".

Voilà !
Quelle connerie ! Le pire, c'est que ce qui s'entend le plus, c'est le fossé qui sépare les exécutants (aide à domicile) et les dirigeants, et malgré cela, les savants en savoir-être nous vendent ce qui, selon eux, va améliorer les choses : La nouvelle recrue auprès de qui l'aide à domicile pourra parler..., oui, parler, parler et parler... !

Ah oui! La parole aura-t-elle un effet ? D'après nos experts : Tu blablattes, et après ça va mieux.

En vérité, tu ne vas mieux qu'à court terme, le temps de l'illusion dans laquelle tu crois que ce que tu dis va être entendu. Puis après, ben ça va encore moins bien qu'avant car on constate que notre parole n'a aucun effet sur le réel.

La parole qui fait du bien, c'est celle qui agit, le "verbe"!!!!

Partie 3 :

A la suite de nos deux réunions de formation en hygiène et sécurité qui ne furent qu'un prétexte pour nous ourdir qu'il était vital pour le mieux-être des aides à domicile de recruter une "psy", nous eûmes une synthèse... et cette fois sans les deux experts en savoir-être, mais avec une de nos responsables principaux venant au bout du compte conclure cette mascarade en faisant oeuvre qu'elle entend parfaitement nos appels (appels en fait de quelques-unes en mal de lien social) d'avoir une "psy"... .

Aparté théorique de psychologie sociale sur la dynamique des groupes :
  • le discours, dans un groupe, ne prend pour unique orientation, celui qui carressera dans le sens du poil le ou les membres du groupe qui font figure de dominants.
Ainsi, durant les deux dernières séances nous avions trois positions de domination ne se faisant pas concurrence car n'existant pas sur le même plan et pourtant qui vont tous les trois, à la fin, se retrouver en harmonie "psychotique" (psychose partagée).

Le plan des plaignants, (psychotico-mélancolique) dominants car ils adoptent une position de victime à laquelle il est impossible de lui renvoyer la nécessité de nuancer leurs propos sans tout de suite passer pour un partisan de l'agresseur désigné :

Ceux-ci ont une souffrance légitime, mais l'exprime désormais, à force de n'avoir pas été entendu, de façon alarmée. Le mécanisme de défense prépondérant est bien sûr psychotique (comme dans tout cas de situation alarmante) : le clivage.
Les méchants, ce sont ceux qui ne sont pas là : certaines familles des bénéficiaires qui ne les considèrent que comme des "femmes de ménage" et nos dirigeants qui n'entendraient pas leur souffrance affective les considérant comme des pions.
Ce constat est juste, d'autant plus concernant les supérieurs, mais il n'y a pas de nuances ou de réflexion plus approfondie sur cet état de fait (Peut-être que nos supérieurs sont également dépassés et sous pression au vue de la quantité de bénéficiaires et d'aides à domicile à gérer...).

le plan du chef de meute, (psychotico-mégalomaniaque) dominant parmi les aides à domicile sous prétexte d'être la plus ancienne et bientôt en départ pour la retraite. Ce qui est marrant, c'est quand même la personne qui usera de harcèlement psychologique sur ses bénéficiaires pour qu'ils se plient à sa façon de voir son travail..., mais ça, ça ne se dit pas!!!
Cette chef de meute donnera de sa grosse voix, pour dire aux plaignants qu'ils ne savent mettre de côté ce qu'ils vivent avec les bénéficiaires contrairement, soi-disant, à elle qui, une fois la porte fermée  derrière elle, passe à autre chose.
Ceci est bien évidemment de la pure mégalomanie, puisque lorsque la porte est fermée derrière elle, elle court prendre son café et sa clope avec des collègues pour se plaindre des difficultés toujours plus grandes qu'elle a eu avec sa dernière bénéficiaire. Mais, personne le sait, à part moi, l'ayant remplaçée et ayant eu vent de cela de la part ces mêmes collègues surprises de voir que je n'avais aucun problème spécial à dévider après avoir vu la même bénéficiaire.

le plan des organisateurs, (névrotico-obsessionnel) ceux qui auront de toute façon le dernier mot, promotteurs de la praxis "psy". Ils tourneront tous les discours de façon à souligner qu'il manque à tous une présence pour les écouter, et que cela les soulagera quand elle arrivera.
A la première séance, ils orienteront la souffrance des plaignants de façon à ne pas toucher aux dirigeants (ceux à qui il y a un compte rendu faire) et à souligner la nécessité qu'ils doivent être écoutés par un expert en savoir-être.
A la deuxième, ils serreront le chef de meute en soulignant que le fait de mettre de côté une fois la porte fermée et bien, mais que cela reste exceptionnel et que la majorité a besoin de quelqu'un auprès de qui épancher sa soif d'écoute.


Ce qui est marrant, c'est que lors de la synthèse devant une de nos dirigeants principales qui étaient désignées comme considérant les aides à domicile comme des pions, certains propos des victimes s'évanouirent dans le jolie monde du refoulé... .

Nous avons eu droit donc qu'à du blabla hors sujet, où quasi chacun leur tour, les aides à domicile parlèrent de leur souci caricatural avec un de leur bénéficiaire, enfin à faire ce qu'ils sont censés faire le reste du temps seul à seul avec ce responsable et non comme ça, en groupe, mais qu'ils n'osent pas!!!
A la fin de ce tour de table hors sujet, le chef de meute, histoire de lécher la main de son maître, conclue en disant exactement ce que celui-ci voulait entendre en reprenant les conclusions des 2 experts en savoir-être des deux dernières séances : "Il leur faut une VRAI écoute, c'est primordial".

Et voilà, la boucle est bouclée !

Bon, moi, après ça, je suis allé vomir!

N.B : Ah oui, au fait, en parlant de refoulé !! Nous eûmes un jolie retour de celui-ci par l'intermédiaire d'un superbe lapsus que je n'ai pas manqué de souligner, lapsus de la part de notre dirigeant dès l'introduction de cette réunion de synthèse.
Celui-ci commence d'emblée en nous demandant, en parlant des deux dernières séances (je souligne ce terme de séance), qu'est-ce qui nous reste de ce CINEMA ? Eh oui, "Cinéma" ! Voilà, le beau signifiant bien révélateur ! C'était bel et bien du cinéma !


Article ajouté le 2009-06-17 , consulté 23 fois

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