Juillet 2007 : L'interdit de la critique ou le règne du médiocre...
Mois de Juillet
Semaine du 17 au 21 juillet
J'ai entamé ma troisième semaine en tant qu'aide à domicile en solo.
Il
y a une crainte grandissante des bénéficiaires concernant le retour de
la personne que je remplace. Mes bénéficiaires envoyèrent chacun un
courrier pour souligner le décalage ressenti. Rappel : Cette personne pratique notamment la menace verbale afin de se faire obéir par une vieille dame âgée alzheimer.
Je
rappelle qu'en tant que débutant dans ce job, il peut paraître
surprenant que je puisse provoquer un tel écart par rapport à une
personne qui a énormément plus
d'expérience que moi puisqu'elle part à la retraite dans un an.
Il n'y a pas que les bénéficiaires qui constatent cela, il y a également une infirmière qui s'occupe de la dame atteinte de la maladie d'Alzheimer auprès de qui j'effectue l'aide au repas matin, midi et soir. Elle reconnaît que depuis que je suis là, son travail est facilitée, car la dame s'ouvre à nouveau. L'infirmière me signale que la personne que je remplace, avant d'arriver à l'heure, plutôt que d'arriver cinq minutes avant pour se faciliter la tâche et être plus présente auprès de la personne âgée, préfére fumer et prendre le café avec ses collègues.
C'est tout le décalage qu'il y a entre quelqu'un qui fait cela pour l'argent et quelqu'autre qui le fait parce que la bénéficiaire en a nécessairement le besoin.
Dure réalité..., surtout qu'il semblerait que malgré le fait que les bénéficiaires aient le droit de signaler certains soucis par courrier avec un des aides, leur signalement n'est au bout du compte pas entendu à moins de faire un esclandre à la Mairie.
Personnellement, je sens bien que mes responsables, derrière leur bureau, leur sourire et leur soi disante ouverture, sont du genre à ne pas apprécier les critiques.
J'ai quand même relevé dès les premier jours leurs discours réducteurs et pleins d'apriori à l'égard des bénéficiaires... comme si ceux-ci avaient déjà de la chance que des gens d'occupent d'eux et que pour cela, ils ne devraient pas se plaindre.
Semaine du 24 au 28 juillet
Bonjour...Ca y est, je n'ai plus les mêmes personnes à aider... . Un mode de contact s'était mis en place, des habitudes commençaient à s'installer, nous pouvions envisager un affinement de l'aide afin que celle-ci s'éloigne le plus possible du standardisé pour rejoindre le particulier, le spécifique, l'unique, soit le plus adapté à la personne.
Tout ça n'a donc servi à rien. Ces personnes retrouvent l'aide à domicile qui était parti en congé. Bon, il y avait déjà des habitudes avec cette dernière, me diriez-vous, puisque elle est censée être l'aide "attitrée" pour ces bénéficiaires.
Oui..., en effet, mais quelles habitudes vu la quantité de critiques dont elle fait l'objet et qui ne sont pas entendues.
Alors j'enchaîne vers de nouvelles personnes, de nouvelles histoires, de nouvelles particularités. Celles-ci devront accepter sans entretien préliminaire ma présence dans leur espace privée... eh oui! Alors, la majorité des personnes semblent prendre sur elle... puis peu à peu recherchent et trouvent quelques bénéfices secondaires à cette intrusion non préparée.
Il y aura une exception. Une dame se sentira très mal à l'aise de voir un homme avoir cette fonction généralement attribuée aux femmes... (Je suis le seul homme à faire ce job). De plus, elle n'avait pas été avertie par la mairie de cette spécificité. Elle n'aura pas la force de trouver des bénéfices secondaires. Elle acceptera ma présence mais avec beaucoup de souffrance. Je signalai le problème à mes supérieurs (gestionnaire des plannings) m'ayant remis avec cette pauvre dame pour la semaine suivante. Au départ, ils ne prennent pas aux sérieux (encore une fois) le problème, prétextant qu'avec cette dame c'est toujours comme ça... .
Bien sûr, je n'entends pas ce discours discriminatoire et réinsiste en leur disant qu'il faut au moins bien la prévenir, et lui demander si elle est d'accord à ce que je revienne. Ils disent qu'ils vont la contacter. Deux jours plus tard j'apprendrai que la dame est finalement d'accord, ce qui me laisse un peu perplexe me rappelant du malaise de cette dame en face de moi.
Ca ne loupera pas. Quand je revis cette dame, ce fut la même chose. Elle m'expliqua qu'elle n'était pas d'accord, mais que la mairie lui avait fait comprendre qu'il n'y avait pas d'autres choix... donc forcée.
Eh oui! PAS D'AUTRES CHOIX !!! Aucune aide à domicile de sexe féminin disponible (alors qu'il n'y a que ça!!!).
A suivre donc pour la semaine suivante!

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