Spécial : La Psy du CCAS

La psy d'un C.C.A.S

Je me sens significativement obligé de faire un article entier sur la psychologue du C.C.A.S d'une ville où je suis employé comme aide à domicile, car franchement, en une semaine de boulot, elle nous a fait un florilège de ce qu'est un psychologue.
A sa décharge il faut admettre qu'elle est sûrement actuellement en pleine phase euphorique (boulot à plein temps pépère, entourée de femmes aux diplômes beaucoup moins élevés que le sien, passant donc pour la femme qui s'est réalisée pleinement, spirituelle et bien dans sa peau), et comme dans tout moment euphorique, l'individu peut être le plus intolérant possible, il ne s'en aperçoit pas, il croit, se croit, s'y croit plein de bonté et d'à propos.

Donc qu'est-ce qu'elle nous a fait ?

Un rappel :

Cette chère psy passe les 9/10 ème de son temps à rester dans son bureau pour remplir des bilans, valider les demandes en envoi en maison de retraite ou parler de la pluie et du beau temps en faisant de l'esprit avec les pauvres aides-ménagères en plein complexe d'infériorité devant elle.

Les 1/10, c'est de se jeter sur les résidents les plus déprimés pour leur asséner sa morale pédagogiste sur le bon savoir-être à avoir.

Que nous a t-elle fait aujourd'hui, Mardi 10 Juillet 2007 ?

Eh bien voilà.  Je revenais d'un des bénéficiaires auprès de qui je fais un peu de ménage. Il est catégorisé comme "débile léger", idiotie nosographique qui fige le regard de l'autre sachant cela sur les aprioris qui en découlent, aprioris tels que quoiqu'il dise, ce sera risible, absurde, idiot, incohérent, stupide.

Il avait un problème de radiateur électrique qui était allumé en plein été, constatant qu'il s'allumait soudainement à 9h du matin, n'osant l'éteindre ayant entendu qu'il ne fallait pas y toucher.

Arrivant auprès d'une personne pouvant éclaircir ce souci, celle-ci était en train de parler pour rien dire avec la psy... .
Les "psys" sont des êtres autour desquels les gens non avertis perdent leur bon sens... .

Alors il a fallu faire part de cela aussi à cette personne... .

Déjà, dès qu'elles (surtout la psy) entendirent le nom de la personne concernée, comme elles le connaissaient et se fiaient donc aux aprioris liés à l'image de débile léger qui est véhiculée à son égard, je constatais un léger rictus sur leurs visages, ce rictus que l'on voit chez les visages des gens lorsqu'on leur parle de personnes qui font à la fois pitié et qu'ils trouvent ridicule, c'est à dire l'envers de ce que qu'il rêve d'être, le sujet honteux.


Ce rictus apparut comme un réflexe chez mes deux protagonistes, d'autant plus chez la psy. Une fois ma formulation énoncée sérieusement, elles éclatèrent de rire, surtout la "psy". Bizarre réaction pourrais-je me dire..., mais bien évidemment je comprenais que quoi que je puisse dire concernant ce monsieur, mes interlocuteurs anticipaient de ma part ce qu'eux font depuis toujours : une moquerie de plus, une humiliation de plus de cette personne.


Bien sûr, je leur ai tout de suite dit qu'il y avait erreur, que ce que je disais n'étais pas une blague. Cette réponse les déstabilisa, mais aussi les remit en place..., ce qui n'est pas désagréable, notamment quand on le fait à un "psy". Cependant la "psy", dont l'égo dépasse fréquemment les bornes du raisonnable, plus douée pour se déculpabiliser avec des justificatifs discriminatoires malgré-elle, enchaîna sur une horreur. Elle me dit très rapidement que ce monsieur, accompagnant sa parole par un geste signifiant qu'il est un peu "fada", ne sait pas trop ce qu'il raconte dès fois.

J'insistai, ne prenant bien sûr pas en compte ce propos immonde, préférant reprendre avec l'autre personne la question.

La "psy", dont l'ego fut alors bien dégonflé par l'insignifiance que je montrai à son égard,  finit par devoir me prendre au sérieux et donc à prendre au sérieux la parole de ce monsieur. Ce qui est un progrès..., il faut admettre que je l'y ai aidée.


Elle dit alors qu'elle donnera au monsieur les bonnes informations qui justifièrent le malentendu... . Je me dis en moi-même : "Ca lui fera enfin un truc à faire correct plutôt que de bavasser avec le personnel... ou glandouiller dans son bureaux avec ses bilans à la noix."


Voilà... . A suivre pour les prochaines aventures.


Mercredi 11 Juillet 2007

Je me sens obligé de signaler les actions fondamentales de la "psy" dans une Résidence pour Personnes Agées pendant qu'il y a des personnes âgées très isolées ne demandant que de la simple compagnie :

1°) A 18h, ouvre la porte d'entrée de la R.P.A lorsque quelqu'un qui n'a pas la clé, sonne. Bon, cela est uniquement quand les hôtesses ne sont pas là... , bien qu'il y ait le concierge qui est censé le faire... .

Bon en même temps, grâce à son opportune intervention, elle permet à celui-ci de continuer à regarder son émission favorite et par conséquent de ne pas subir la frustration excessive qui pourrait engendrer l'inéluctable passage à l'acte... . Oui, bon, j'exagère... ok.


2°) 18h30 Marque sur le tableau blanc le menu du repas de midi du lendemain. Curieux par cet art "fin" et "feint" qu'est le travail du "psychologue", je l'ai observé comme fasciné, en train d'écrire les mots, mots que seul un psychologue saura choisir pour éviter les souffrances (les maux) de ces résidents, souffrances facteurs de tant de drames que les simples hôtesses, simples ignorantes, se contentant de recopier bêtement le menu, n'auraient su éviter.
Et puis, ça n'est pas uniquement les mots, mais la manière de les inscrire sur le tableau. Là, quelle autre personne plus compétente que la psychologue pour calligraphier à la perfection les mots standards du menu.
Ainsi, j'ai pu voir l'application de ce professionnel, beau comme une symphonie de Beethoven menée par Karajan, tenant son feutre marqueur noir..., je vous le dis, j'ai failli en chialer. Une oeuvre d'art à l'état de nature, d'une pureté, d'une perfection céleste. Quel savoir être !

J'ai vu Dieu, la parole qui agit personnifié en un psychologue. Il écrivait le mot "Ratatouille" avec tant d'application, qu'il repassa sur le trait comme un peintre jamais satisfait reprenant son pinceau par souci de ceux qui verront son oeuvre.

Vous me direz que je me moque. Voici alors la dernière preuve que ce qui se passait était en effet de l'ordre du divin :
Observant à une trentaine de mètres ce qu'il se passait, silencieux, et figé par le sentiment de petitesse qui était mien à cet instant, cette personne en état de grâce se retourna comme sachant qu'un piètre humain était là, témoin d'une expérience mystique, et que cela ne devait être visible... .
Vu, je partis honteux d'avoir été là et d'avoir vu ça..., comme un abus que j'aurais causé envers une beauté inviolée.

Ah quand j'y repense. Je pourrais dire que je l'ai vu. J'ai vu ce qu'est l'art du "psychologue" dans son secret, tel un analysant sur le divan qui de façon impromptu se retourne pour regarder son psychanalyste... endormi, regarder cet au-delà dont nul oeil à droit de voir.

Quelle beauté !

Jeudi 12 juillet 2007

Nouvel acte fondamentalement marqué par ce qui se passe dans la tête d'un "psy" cherchant à remplir ses longues et fastidieuses journées : Une résidente fit l'objet d'un vol d'objets si anecdotiques que lorsqu'elle m'en parla, nous rigolâmes de l'absurdité de l'acte. Elle en parla aux hôtesses, toujours dans une visée anecdotique.

Eh bien, quelques temps plus tard elle eut la visite de la "psy". La situation fut si ridicule me confia la personne visitée, qu'elle décida d'embrayer la conversation sur le fait qu'elle, la psy, est enceinte ça fait 4 mois. Sans cela, rien n'aurait été dit... .



Puis, enfin une excellente nouvelle... . La "psy" fit enfin un truc utile..., à la grande surprise des deux seules personnes qui furent au courant. Elle prévoyait d'amener une personne alzheimer... à laquelle elle avait assigné positivement la demande du fils de l'envoyer en maison de retraite, auprès des autres personnes âgées pour bavarder. Je rappelle que cette personne âgée s'ennuyait comme tant d'autres dans leur appartement, et que la "psy".... finalement aussi.
Enfin la "psy" se préoccupe des personnes autrement que dans un but prosélytiste..., du moins je l'espère. A suivre donc.

Les deux personnes étonnées furent :
  • Le fils de la personne âgée s'étant bien aperçu que la "psy" ne faisait rien de bien intéressant, l'ayant vu la veille passer son triste temps à ouvrir et à fermer des portes
  • une hôtesse qui fut heureusement surprise de l'initiative, compatissant de voir quotidiennement la "psy" tout le temps dans son bureau.

Il faudra féliciter cette "psy". Peut-être qu'elle vient d'être atteinte d'une prise de conscience quant à l'aspect ubuesque de son boulot.

A suivre... .


Vendredi 13 Juillet 2007

Félicitations donc pour la "psy"... qui s'est conduite enfin comme une personne normale : améliorer le quotidien des autres quand nous en avons les moyens.

La personne âgée atteinte d'Alzheimer s'est souvenue positivement de l'aprés-midi qu'elle a passé..., changeant de ses journées à rester seule devant la table de sa cuisine.
C'est déjà pas mal... . Ca pourrait être mieux, car l'idéal serait que cette personne ne soit quasiment  jamais seule... mais bon.

J'ai signalé à la "psy" l'intérêt qu'il y aura à renouveler très fréquemment cela. Il semblerait que cela se fera deux fois par semaine. C'est déjà ça... .


Article ajouté le 2009-02-22 , consulté 97 fois

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