Les flagrants délits de mépris...
Mercredi 26 septembre 2007Moment encore plein de finesse de la part d'une employée d'une Résidence pour Personnes Âgées (salle d'attente de la maison de retraite) et d'une aide à domicile :
J'arrive avec du linge sale d'une des personnes âgées que je côtoie, linge dont la buanderie de la R.P.A s'occupe. D'emblée, l'employée fait la plaisanterie qu'elle n'en veut pas... (C'est tellement cool de rigoler sur la misère sociale des autres).
Il y a une aide à domicile qui, plutôt que d'être auprès des personnes âgées préfère prendre son café et parler avec mépris de ces mêmes personnes. Par exemple, alors qu'elle est à 10 mètres du linge que j'ai apporté et que son nez est au dessus de sa tasse de café, elle trouve le moyen de dire à très haute voix d'un ton écoeuré en faisant référence au linge : "Ca sent la pisse". L'employée renchaîne par humour en explicitant cette odeur en citant aussi à haute voix le "nom" du bénéficiaire à qui appartient ce linge.
Bravo !
Rappelons que l'employée fit, dans un bref passé, une dépression nerveuse. En ce moment, elle paraît de très bonne humeur, maquillée comme si elle sortait pour un dîner, en pleine phase de séduction.
Voilà un premier constat : Un "dépressif" quand il est de bonne humeur, n'a en fait seulement déplacé la violence qu'il se réservait habituellement à lui-même, sur autrui. Un "dépressif" est un raciste qui s'ignore quand il se retrouve de bonne humeur. Personnellement, je le préfère déprimé, car là au moins, il est lucide.
Autre rappel : L'aide à domicile dont je parle est celle qui harcèle psychologiquement une dame atteinte d'Alzheimer pour la faire manger plus vite.
Sympa comme collègues...!
Pourquoi font-elles ce job selon vous ?
Flagrant délit N°2.
Je rappelle le contexte, je suis employé par le C.C.A.S d'une grande agglomération pour être aide à domicile. Ma tâche consiste notamment à palier aux effets d'un handicap classique, celui dont nous sommes tous dotés : l'handicap de l'âge. En effet, lorsque nous sommes très âgés, certains actes fondamentaux pour notre dignité se font sensiblement plus difficilement.
Euh..., ce n'est pas tout à fait ça. En fait mon action ne se justifie pas uniquement par ce genre d'handicap. Il y a un autre handicap, d'un autre genre, qui justifie ma présence de jeune homme en forme physique suffisante pour effectuer ces tâches.
C'est quoi ce handicap ? Eh bien, c'est d'être entouré de racistes normalisés à l'égard des vieux. Handicap social fait de racisme, de discrimination et de haine anti-vieux.
Eh oui, tous ces vieux, isolés dans une R.P.A., ont l'immonde handicap d'avoir aucun membre de leur famille (à défaut un ami) qui ait pu faire l'effort de leur préserver une place dans leur foyer. Eh oui, s'il y avait les enfants ou les petits enfants, les difficultés physiques de l'aïeul ne seraient plus un problème puisqu'ils l'aideraient, et donc pas besoin d'aide à domicile.
"Heureusement qu'il y a des C.C.A.S " me diriez-vous "pour employer des gens afin de remplacer ce défaut pathétique de notre société jeuniste et pourri par l'individualisme".
Ne rêvez pas les gars! Notre fonction est de surtout ne pas remplacer les manques de la famille ou des amis, "il faut rester professionnel" dixit une auxilliaire de vie s'amusant à me faire des leçons de savoir-être..., après lui avoir suggérer qu'ayant du temps de libre, je pouvais faire faire une promenade à une dame Alzheimer sur fauteuil roulant avec qui j'ai un étonnant contact (Je suis la seule personne dont elle n'oublie pas le prénom..., comme si j'étais son proche, ayant même oublié le prénom de son mari décédé).
Donc, sachant sa solitude, je me suis dit..., mais d'abord j'ai demandé à mes "supérieurs", si c'était possible..., sachant à l'avance que ça allait être non, de pouvoir faire une action qui reste selon moi dans le cadre de palier à l'handicap physique d'une personne... : Faire une promenade.
Donc non, ça n'est pas professionnel. Et bien sûr, si je le faisais quand même sans le dire, il y a quelqu'un dans la résidence, au fond, essentiellement payé pour ça, qui le signalerait... .
Et devinez qui c'est cet individu surveillant et signalant les comportements déviants : LA PSYCHOLOGUE
Voilà à quoi sert un C.C.A.S, non pas à palier à la logique individualiste, car la souffrance d'être seule aurait moins lieu d'être, et ils seraient par conséquent moins "utiles", un C.C.A.S consiste à maintenir une limite, celle au-delà de laquelle, le vieux risquerait d'être "heureux". Et s'il y a trop d'intervenants, effet d'une sorte d'arrangement symptômatique du souffrant pour qu'il se sente moins seul, alors il y a ceci : "Il revient plus cher de garder la personne âgé en R.P.A car trop entourées de gens s'occupant d'elle, que de l'envoyer en maison de retraite". La maison de retraite est une sorte de Fast Food de la prise en charge de la personne âgée.
ALORS NON! Heureux, ils ne le seront pas! Seuls, ils le resteront, entourés de techniciens du savoir-être faisant semblant d'être proche, se figeant sur le geste technique... jusqu'à rejoindre la décharge de public .
Le problème, c'est que si je faisais cela (attitude technicienne), la dame "Alzheimer" ne se souviendrait pas de moi. C'est parce que la distance est rompue, c'est parce que l'on est proche, c'est parce j'accepte d'être considéré comme un ami, c'est parce qu'il y a de l'amour, que sa mémoire fonctionne.
Faudrait-il la laisser pourrir, comme il est prévu, afin qu'elle finisse en maison de retraite (la déchetterrie humaine, la décharge de public.... !!!!!!!!!!!) ???
HEIN! Qu'en pensez-vous lecteurs ? Suis-je un fieffé connard qui se fout de la gueule d'un vieux en essayant de lui laisser croire qu'il a encore une dignité, ou bien est-ce autre chose..., vous savez, ce truc, ce fait que tout être humain, quel qu'il puisse être et quel que soit son âge, mérite un petit peu de respect.. !
A moins, que quand tu es vieux, tu n'es pas productif, donc inutile, donc méprisant.
Comptez pas sur moi pour ça.... !!!!
J'ai proposé au C.C.A.S de prendre contact avec une association (les petits frères des pauvres) composée de bénévoles effectuant des visites aux personnes âgés isolées.
Ils ont acceptés.
Vous me diriez, "vous voyez, ce n'est pas si monstreux un C.C.A.S". J'ai demandé à l'auxilliaire de vie si elle était au courant de la solitude que subissait les vieux. Elle m'a dit oui!
Mais alors, pourquoi faut-il que ce soit moi qui propose l'adresse et le téléphone des "Petits frères des pauvres" ?
Eh oui, pourquoi ?
Je vous parie qu'ils ne prendront pas contact, ou que la collaboration avec cette association va être très compliquée... .

Commentaires