Mois de Novembre 2007
Du 6 au 10 novembre 2007Bonjour chers lecteurs et chères lectrices.
Semaine toujours un peu tendue, me sachant sur une sorte de siège éjectable étant sous contrat renouvelable tous les trois mois... , rendant ma présence aidante pas des plus optimales. Enfin, je m'accroche.
A suivre !
Du 13 au 17 novembre 2007
Bonjour.
On se demande souvent, notamment cette populace qui s'affirme comme étant charitable, que lorsqu'autrui refuse sa charité, c'est parce qu'il est orgueilleux... .
Ce qui m'agace toujours, c'est cette faculté qu'à l'individu à pouvoir se suffire d'un signifiant, qualificatif générique pour tout englober, tout expliquer, et s'endormir tranquille sur ses deux oreilles, concernant certaines réactions de refus de la part d'autrui à l'égard de leur proposition de charité.
C'est surtout que ceux-ci se retrouvent vexés que leur acte de charité ne retourne pas de bénéfice narcissique réparateur tant attendu..., ce qu'ils appellent la gratitude.
Par ces raccourcis discriminatoires, on s'interdit de mieux connaître l'autre, de le comprendre... . C'est surtout que là, on risquerait d'entrouvrir des explications venant souligner notre propre ignominie à l'égard de l'autre et de la différence qu'il dégage.
Parmi mes bénéficiaires, l'un d'entre eux est targué d'orgueilleux pour avoir pendant longtemps refusé de l'aide malgré la misère dans laquelle il vivait. Mais quelqu'un s'est-il demandé pourquoi, au lieu de se contenter de cette conclusion déresponsabilisante ?
Les parents de cet homme étaient eux aussi dans la misère, baignant dans l'alcoolisme, seuls et blâmés par tous. Etonnez-vous alors pourquoi cette homme n'eut alors aucune confiance de la moindre aide qui lui fut proposée !! Oui, étonnez-vous, et restez dans votre mépris.
Je vous renvoie à mon texte sur la dignité d'être aimé en question... .
Du 20 au 24 novembre 2007
Au cours de cette semaine, je me suis retrouvé exceptionnellement dans les bureaux, les coulisses, mais avec des personnes qui souffrent d'y être..., autrement dit, se sentant coupables ou responsables des conditions de travail des exécutants :
La personne se chargeant de recevoir les demandes d'aides qui constate qu'elle doit se résigner à refuser car il n'y a pas assez d'aides à domicile.
La personne faisant nos plannings, toujours embarrassée d'écrire les plannings tellement ils sont excessifs.
De là, j'ai eu droit à des petites confessions concernant les injustices de ces coulisses... .
En premier lieu, ce constat : un record d'arrêt maladie chez les aides à domicile et auxilliaires de vie. C'est simple, la quantité des tâches fournies est humainement pas supportable sans symptomatisation. A partir de ce constat là, il n'y a rien à ajouter à part que l'exécutant ne se respecte pas dans son corps.
Est-il forcé ? Pas directement ! Ce qui fait qu'il n'a, au départ, qu'à s'en prendre à lui-même s'il ne réfléchit pas plus sur les raisons qui le font devoir être autant auprès des bénéficiaires.
Nous ne sommes pas là dans un excés de générosité..., mais dans un devoir de survie. S'il ne travaille pas plus au point de manquer de respect pour lui-même, il n'a pas assez d'argent pour vivre. C'est en quelque sorte la quadrature du cercle. Quel que soit son choix, de toute façon, il souffrera.
Ceci est un contexte parfait pour induire tous les symptômes d'une dépression d'épuisement, ou réactionnelle à un excès de stress.
En second lieu, les deux personnes m'avouent donc qu'en effet, les doses de travail sont indécentes, mais elles n'ont pas le choix. Le mal est fait, il y a trop de bénéficiaires, trop de demandes d'aides qui ont été acceptées par rapport aux nombres d'aide à domicile. De toute façon, la majorité des bénéficiaires n'a que trop peu de temps d'aide accordé.
La question finale après cette rencontre dans les coulisses sera de savoir pourquoi le C.C.A.S s'est senti obligé d'accorder autant d'aides sans se demander si les aides à domicile pouvaient suivre.
A suivre....
Du 27 novembre au 1er décembre 2007
Rien à ajouter à part un truc :
Une aide à domicile se vantant de pouvoir ne pas être affectée par les personnes dont elle s'occupe une fois qu'elle a passé la porte, quand elle apprit qu'une de ces bénéficiaires avec qui elle a quelques difficultés, partait bientôt en maison de retraite, elle dit à haute voix : "Bon débarras".
Lorsqu'elle se mit en valeur, c'était durant un groupe de parole devant des dizaines de collègues. Eh oui, un groupe de parole, ça n'est pas un endroit où l'on parle de soi authentiquement, c'est juste un espace de plus où on donne à voir et à entendre une image de soi telle que nos mécanismes de défense l'estiment la plus apte à obtenir l'en plus de jouissance.
Bon, en clair, elle a donné une image qui la positionnait aux yeux de ces juges et concurrents dans un état où elle ne pouvait plus, selon elle, du tout être sujet à la castration. Pour elle, cela consiste à faire croire qu'elle ressemble à un robot. Quel doux délire psychotique !

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