Le retour à l'ANPE et la signature du contrat d'insertion...

Il était une fois... l'insertion professionnelle


Nous sommes le dimanche 18 mars 2007, et un soudain manque à être excessif m'effleure suffisamment pour relancer mon blabla sur mon quotidien actuel. Vous savez, cette phrase de Deleuze pour qui seule la honte d'être un homme le motive à écrire ; eh bien, voilà! J'ai à nouveau cette honte en moi. Oh, ça n'est pas comparable à ce que je vécus à l'afpa (Association de Formation professionnelle pour Adultes)..., mais des choses y sont ressemblantes, enfin une, ma condition de non-inséré professionnel.


Vous vous diriez sûrement que si ce pauvre garçon ressent ce léger malaise intérieur c'est tout simplement parce qu'il n'a pas un emploi, un métier, un lieu où il s'agiterait de tel sorte qu'au bout de cette agitation, il y aurait des effets qui signifieraient alors qu'il mérite un revenu et par conséquent la reconnaissance nécessaire qui lui fait actuellement défaut en tant que non-inséré. Pour le commun semble-t-il, la souffrance du non-inséré professionnelle vient de ce fait même de ne pas l'être sous prétexte que sans ça, sa dignité d'homme serait atteinte!


Ben, pour moi, non, ce n'est pas pour ça ! Choquant, n'est-ce-pas ? Mon mal à être ne vient pas de ce manque de reconnaissance soi-disant trouvé dans le «travail bien fait et rémunéré».


Où nous amène-t-il encore alors ? Toujours dans ces discours de rejet du travail, d'être rémunéré pour un boulot, du mérite... etc !?


Pas besoin ! Je témoignerais uniquement de ceci : non de ma condition de non-inséré professionnellement, mais du devoir qui m'incombe à refuser activement cette même condition.


Quelques scènes vont illustrer cela, scènes ayant lieu, bien évidemment, auprès de professionnels de l'insertion professionnelle.


Commençons !


Les rendez-vous auprès de ma conseillère ANPE :


Nous démarrons toujours sur un mensonge : je serais demandeur d'emploi, et j'ai pris rendez-vous auprès de cette conseillère afin qu'elle m'aide à en trouver un.


Non !!! Je, ainsi que tout personne se présentant à l'ANPE, ne suis pas demandeur d'emploi. Je réponds à la nécessité de me rendre à l'agence car si je ne le fais pas, je serais radié et par conséquent, ne percevrait plus ni mes allocations «assedic», ni aurait droit au R.M.I. . Le courrier que nous recevons de l'assedic nous invitant à prendre rendez-vous (RDV) auprès d'un conseiller, souligne que si nous ne nous y rendons pas, nous serons radiés. C'est écrit noir sur blanc.


Donc, nous ne sommes pas demandeur d'emploi, mais demandeur d'un revenu décent pour vivre. Un demandeur d'emploi, comme la folie, la sexualité, le délinquant pour Foucault, ça n'existe pas.


Je suis demandeur d'un revenu décent pour vivre («décent» par pour moi et quelques autres dont le RMI ou les allocations chômage ne permettent pas de subvenir correctement à nos besoins fondamentaux) et j'ai pris rendez-vous auprès de cette conseillère afin d'y avoir droit... . D'un autre point de vue, je suis un assisté social faisant semblant de faire celui qui recherche un emploi par son assiduité aux rendez-vous ANPE afin de profiter de ses allocations.


De ce point de vue, c'est moi qui profiterais en feignant d'un acte qui serait pourtant un devoir à faire : être présent au RDV.


La personne s'engage-t-elle réellement dans un acte qui est un devoir qui, non fait, la soustrait d'être tributaire de droits fondamentaux ? La personne a-t-elle un quelconque choix ici ? Non, il n'y a pas d'engagement.


Donc, le rendez-vous ANPE est toujours une mascarade, mascarade autant du côté du soi-disant demandeur d'emploi que du côté du conseiller. Le conseiller écrit un blabla, à notre place, décrivant les soi-disant projets d'insertions dans lesquels nous nous engagerions, et il le sait très bien, c'est pour faire genre.


Cela est à vomir ! J'en ai eu déjà deux (RDV) depuis mon retour de l'Afpa de Pau, et c'est n'importe quoi. Deux marionnettes, deux comédiens, souvent surjouant l'aidant et l'aidé..., une caricature, voilà ce qui doit se passer ! Ben non, pas avec moi! D'emblée je recadre le ou la conseillère dans notre chère réalité où je n'ai pas de choix, et qu'il ou elle ne sert pas à m'aider à trouver un emploi, mais à répondre correctement à mes devoirs. Ensuite, il ou elle fait. Ce recadrage est jouissif pour moi..., et je sais qu'au fond, il fait du bien au professionnel de l'ingestion (condensation des signifiants «insertion» et «ingérance»).


Rendez-vous suivant sur ce chemin du devoir... s'insérer.


 

Le rendez-vous avec l'Assistante Sociale pour remplir mon contrat d'insertion me donnant droit au RMI :


Il fallut rappeler le contenu du dernier contrat d'insertion soi-disant destiné à motiver l'individu à se réinsérer : je m'engageais à faire une formation à l'Afpa.


Comme l'engagement était forcé, donc faux, cette formation a foirée. Normal.


Cette assistante sociale eu le toupet de penser que je n'étais pas allé à cet AFAP, que je n'avais pas effectuer la formation en ayant joui de mon droit au R.M.I. à la barbe des Caisses d'Allocations Familiales. A nouveau insulté.


Déjà qu'être menacé de privation de droits fondamentaux afin d'effectuer certains devoirs que je ne suis pas censé faire car présupposé profiteur oisif et paresseux, c'est suffisamment désobligeant quant à ma dignité, et bien non, ça ne suffit pas pour ces aidants ! Je suis plus qu'un profiteur oisif et paresseux, soit un profiteur par passivité, je serais un profiteur actif, soit un menteur et un falsificateur... . Comme si j'avais que ça à foutre!


Ensuite, cette chère Assistante me remplit ce contrat d'insertion en y rajoutant, par souci de mes droits au R.M.I., que j'allais instamment prendre rendez-vous auprès d'un autre genre de professionnel de l'insertion : le C.I.P., le conseiller en insertion professionnel. Eeeeeeh oui! Prendre RDV chez un CIP, ça fait aussi genre «motivé d'être inséré».


Je lui ai rappelé que cela était bien entendu comme une obligation pour moi. Elle a osé dire qu'il n'était pas obligé que cela soit inscrit, que c'était un contrat, que j'y mettais ce que je souhaitais... (mais bon, avec la certitude que sans cette autre mascarade avec le C.I.P., je n'aurais pas droit au R.M.I.).


En attendant la suite, RDV 21 mars avec la CIP, me voilà soulagé pour aujourd'hui. Mon manque à être excessif n'est plus ! Je ne suis toujours pas un inséré professionnellement. Mais je me sens un peu plus digne. Ces témoignages écrits ici me réparent de ce sentiment d'être une «soumerde» que ces philanthropes sociaux rémunérés me transmettent.


Que la lutte se poursuive !



Article ajouté le 2008-09-12 , consulté 42 fois

Commentaires



Poster un commentaire





http://





Merci de recopier le nombre présent à gauche dans la case de texte ci-dessous ( Pourquoi ? )





Liens

Voir les articles de la catégorie " Il était une fois l'insertion professionnelle "

Retour aux articles