Rendez-vous N°3 avec la conseillère ANPE

12 juin 2007


Rencontre encore forte étonnante.


Nous nous étions quittées, la conseillère et moi, avec elle qui se sentait coupable de faire son pourtant devoir d'agent d'ANPE, me radier car n'adoptant pas un comportement de demandeur d'emploi, et moi, qui lui disait d'assumer sa véritable mission puisque, en effet, occupé auprès de mon grand-père, je n'étais pas un demandeur d'emploi modèle, donc un profiteur.


Je rappelle encore une fois qu'aucune personne est demandeur d'emploi, que chaque soi-disant demandeur d'emploi adopte ce statut entériné par l'inscription à l'ANPE uniquement pour avoir droit à ses assedics pour certains, au RMI pour d'autres comme moi, soit avoir le moindre possible pour un peu survivre... .


L'agent ANPE applique son acte de surveillance, acte actuellement difficilement assumable (en entendant d'une technicisation agrandie des moyens de surveillances) car consistant à des entretiens ressemblant simplement à un interrogatoire à couleur honteusement policière du dit "demandeur d'emploi".


Ma conseillère semblait s'en vouloir d'être l'agent de cette logique régularisatrice, notamment à mon égard, puisque mes actes auprès de mon grand-père rendait sa mission encore plus difficile à appliquer sans de très gros remords voire de sensations de dégoût à l'égard d'elle-même.

AAAAHHH, si seulement j'avais été une personne un minimum agressive envers elle, sans tact, sur la défensive, voire insultant..., ces remords, ses sentiments de culpabilité auraient moins lieu d'être.


Malheureusement, je l'ai respectée en tant que personne tout en soulignant l'aspect déshumanisant et porteur d'indignité à notre égard qu'est la machinerie sociale dont elle est l'un des agents.


Alors, elle voulu me proposer de ne pas me radier tout en masquant dans ses comptes rendus de ses suivis sur moi que je n'adoptais pas de comportements de chercheur d'emploi. Et moi, j'avais refusé..., préférant aider ces gens à devoir éprouver leur situation d'agent régulateur afin d'en ressentir jusqu'au plus intime d'eux-mêmes leur culpabilité, leur honte voire leur dégoût d'en être les acteurs. Cela non par sadisme de ma part, mais par confiance envers leur conscience qui finira par les convaincre de démissionner.


Elle fit acte de me radier..., enfin, je l'ai cru. Puis, je reçu ce courrier me prévenant de réguler ma situation comme à chaque début de mois. Je n'étais donc pas radier. Alors, j'actualisai ma situation, ayant besoin, pour toucher mon RMI de garder ce statut mascarade.


C'est quasi deux mois après que je reçu une nouvelle convocation (obligatoire sinon radiation) à l'ANPE.



Alors, face à ma conseillère, ma première question fut d'emblée : "Mais pourquoi ne me suis-je pas retrouvé radié ? Ne l'aviez-vous finalement pas fait?"


Sa réponse, significative de l'horreur du système autant pour les agents que pour les bénéficiaires : "Je ne l'ai pas fait, car si vous souhaitiez être radié, vous n'aviez qu'à pas actualiser votre situation"


Autrement dit, n'ayant pas le courage d'assumer son devoir, elle compta sur la machine elle-même, la boîte vocale, l'actualisation logicielle informatisée qui automatiquement annulerai mon statut, sans son intervention à elle, sans l'intervention directe d'un humain, l'humain étant remplacé par un logiciel.


Petit message à l'égard des développeurs informatiques : "Voilà aussi l'intérêt d'un logiciel... effacer les responsabilités humaines des actes inhumains..."


Je lui ai redit donc que je ne souhaitais pas être radié car ce statut me permettait au moins de toucher un RMI. Par contre, je souhaitais qu'elle assume son devoir jusqu'au bout, car son job ne se réduisait qu'à cela, et que ce n'était pas sa faute en tant que personne, mais que la déontologie de son travail l'oblige à un devoir d'obéissance!


Elle était mal..., prise au piège, au piège de la mécanique qui la rémunère à réguler, à trier, à précariser l'individu désobéissant.


Alors, je l'ai rassurée..., je l'ai sauvée en partie de sa funeste mission car ma situation à changer. Ne m'occupant plus de mon grand-père (celui-ci étant décédé depuis quasi un mois), j'avais à nouveau du temps de libre.


Automatiquement, étant plus disponible, j'ai pu prendre acte qu'il existait des lieux, des espaces où ma présence pouvait être espérée, demandée, souhaitée.


EH OUI. Concernant le rapport à l'emploi, l'une des erreurs fondamentales des discours sur ce sujet, c'est de placer la demande du côté de celui qui est sans activité rémunérée.


Mais, mettons le travail, mettons l'emploi là où il y en a, c'est à dire  chez l'employeur. C'est l'employeur le demandeur, c'est lui qui sait s'il a besoin ou non de quelqu'un. Ce n'est pas la demande du sans emploi qui est soulagé quand il y a une embauche, c'est celle de l'employeur.


Le demandeur d'emploi, de force de travail, c'est l'employeur et non le "chômeur".


Ils se trouvent qu'il y ait des personnes âgées en ville isolées, ayant une faible retraite et moins aptes à effectuer aisément certains actes essentiels, pour que des jeunes gens plus aptes physiquement puissent les y aider à ce que ces actions se réalisent. J'étais libre, donc j'ai proposé à un CCAS mes capacités et un peu de mon temps pour ça. Voilà.


J'ai donc adopté, sans que quelqu'un vienne me menacer de m'ôter mon RMI, un comportement de recherche d'emploi, en quelque sorte. En fait, j'appellerai cela plus un comportement de recherche de demande d'une présence telle que la mienne.


Par conséquent, aucune raison de me radier.... , pouvait se satisfaire ma chère conseillère.

Elle me dit alors que si j'aménageais dans un autre ville me rapprochant de ce travail, j'allais devoir avertir les assedics de transférer mon dossier. Ceci me paraissait évident, et pourtant, elle souligna que je pouvais rester à l'ANPE d'origine (33) avec toujours elle comme conseillère... .


Elle semblait triste de me voir partir... . La solitude du "philanthrope" rémunéré dont l'unique lien social tend à être vécu que durant qu'il est derrière son bureau d'agent.... !!?? Quelle misère !


En tous cas, sa problématique actuelle c'est d'être incapable de radier un demandeur d'emploi sans une grosse couche de culpabilité... . Je la plains d'avoir un tel boulot, avec la peur de se retrouver dans un circuit à effet précarisant si elle démissionnait.


La suite donc à l'ANPE de la nouvelle ville d'accueil... .


Sinon, j'ai été en quelques jours convoqué par ce CCAS, mon profil les intéresse... . D'ici juillet, peut être que je commencerai ce qui est appelé service à la personne. Cela fera l'objet d'une autre catégorie d'article.


A bientôt.







Article ajouté le 2008-09-26 , consulté 44 fois

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